NOTRE ACTU

Depuis près de 7 mois, dans 6 communes différentes dans les 3 régions septentrionales du Cameroun, un projet qui a pour but l’insertion socio-économique des jeunes et surtout des femmes est mis en œuvre sur le terrain. Le PAFEJ entendu par-là Projet d’Appui à l’Autonomisation socio-économique des femmes et des jeunes dans les régions septentrionales du Cameroun est ce projet qui est financé par la délégation de l’Union Européenne au Cameroun et mis en œuvre par le consortium APROSPEN et CADEPI, deux acteurs ayant prouvé leur compétence dans le domaine du développement local et du dialogue inclusif dans cette partie du Cameroun. Ce projet ayant une durée de 3ans, sera l’un des pionniers dans son genre car elle met beaucoup d’accent sur l’approche participative de toute les parties prenantes impliqué dans sa réalisation.

Le mois d’Aout a été important pour le PAFEJ, avec l’atelier de lancement régional présidé par le Gouverneur de la région de l’Adamaoua à N’Gaoundéré le 17 aout 2020. Lors de cet atelier , il était question de lancer officiellement aux yeux de tous les acteurs qui seront impliqués dans la réalisation du projet les activités y référant, l’atelier à tourner autour des aspects généraux du projet tel que la présentation  du contexte de réalisation et la nécessité d’aider les jeunes , en particulier femmes à entreprendre pour sortir de la pauvreté ambiante qui touche une grande partie de la population de ces régions, puis l’atelier se poursuivi avec  la présentation des objectifs du projet et des méthodes ou approches qui seront utilisées pour sa réalisation ainsi que la présentation du bailleur de fonds qui est l’Union Européenne et le rôle important que va jouer son financement dans la réalisation du PAFEJ .  L’objectif de cet atelier était de faire connaitre aux personnes impliquées dans la réalisation du projet et au grand public les informations importantes sur la mise en œuvre du projet, bien que l’atelier de lancement officielle s’est déroulé ce mois d’Aout en réalité le projet est en marche depuis mars 2020.  Déjà dans les 6 communes que sont Mbe et Belel dans l’Adamaoua, Touboro et Figuil dans la region du Nord et  Mozogo et Mora dans la région de l’extrême Nord , les experts en animation chargés d’être les mains travailleuses au niveau des communes ont déjà été  déployés et sont à pied d’œuvre pour assurer un lien entre les représentants du Projet et l’exécutif communal représentant eux aussi leur localité  dans le but d’une meilleure cohésion lors du déroulement effectif de l’action et surtout pour la bonne marche  et l’atteinte des objectifs fixé dans le cadre dudit  projet.

 Les activités menées sur le terrain par ces cadres communaux est le socle sur lequel est assis la fondation pour   la réalisation du PAFEJ , en ce mois de septembre toute leur force sont jetées dans la phase de sensibilisation sur l’importance de l’entreprenariat pour les jeunes des régions septentrionales  , cette activité programmé dans le cadre du projet est essentiel dans l’atteinte des objectifs que se sont fixés les promoteurs de l’action, elle est la première étape vers l’un des objectifs  qui est l’autonomisation socio-économique de ces jeunes-là , loin d’être stopper ou entraver par les conditions climatiques contraignantes de cette partie de l’année , cet activité enregistre déjà un franc succès sur le nombre de personne sensibilisé ainsi que leur qualité , car dans les zones reculer des régions septentrionales du Cameroun pour réussir à toucher des personnes surtout en milieu rural et faire passer un message , il faut d’abord toucher leur représentant qui sont entre autres les chefs traditionnels et religieux ainsi que les leaders d’opinion parmi ces populations. L’appel à candidature à elle été aussi lancé dans le but de recruter 250 jeunes femmes et hommes dans chaque commune concernée par le projet pour suivre un processus complet passant par la formation à l’appui aux activités économiques créées.

La prochaine activité qui sera réalisée par le PAFEJ est l’organisation de fora d’échanges sur les opportunités économiques qui s’offre aux jeunes dans leurs différentes communes.

 

La question de l’emploi est un enjeu majeur dans le processus de décentralisation actuel. Les communes qui ont besoin de ressources propres doivent pouvoir encourager l’entrepreneuriat pour un développement local inclusif à travers l’autonomisation sociale des femmes et des jeunes dans les régions septentrionales « Je suis heureux d’avoir bénéficié de ces informations sur le potentiel emploi dans les métiers porteurs de notre commune. Après les arguments présentés par l’exposant de l’agriculture, je vais me lancer dans la culture de la tomate dont il a présenté le fort potentiel », confie Fadimatou participante au sortir des échanges dans la commune de Belel. Comme elle, plus de 750 jeunes et femmes ont répondus présents aux fora d’échanges et de présentation des opportunités d’affaires sur les filières porteuses dans les communes.

L’initiative qui a contribué à enrichir les connaissances des bénéficiaires sur les métiers porteurs est à mettre à l’actif du Projet d’Appui à l’Autonomisation socio-économique des Femmes et des Jeunes des régions septentrionales du Cameroun (PAFEJ). « Etant donné l’objectif global du PAFEJ qui est de contribuer à l’amélioration de la participation des jeunes et des femmes aux activités économiques, à la création d’emplois durables et au dialogue socio-politique inclusif, il s’est avéré crucial tout d’abord de présenter les différentes filières porteuses par secteur d’activité tenant compte des spécificités de chaque commune ainsi que les exigences internes du projet. C’est ce qui justifie l’organisation de ces rencontres entre les jeunes, les femmes, les sectoriels et autres parties prenantes autour des métiers porteurs dans les trois (03) communes cibles », explique Hamidou Ahmadou le Coordonnateur du projet.

Une volonté d’accompagnement partagé par les experts pour l’insertion socioprofessionnelle des jeunes et l’autonomisation rapide des femmes. « Nous avons un important taux de chômage et beaucoup de jeunes sans travail. Donc, il est question de les orienter à travers les filières qui peuvent les faciliter l’insertion sur le plan socioéconomique au niveau local. Nous profitons de ces échanges pour apporter notre contribution à l’information des bénéficiaires afin que le projet PAFEJ puis réussir » soutient AMINOU Paul Directeur du CMPJ de Mbé. Au cours des échanges plus de 35 métiers ont été présentés aux femmes et jeunes dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de l’artisanat et de l’entrepreneuriat. De quoi susciter l’intérêt des bénéficiaires à s’engager dans les filières porteuses identifiées.

Pour le cas particulier de l’agriculture, au-delà des exposés, une analyse croisée des spéculations porteuses dans les communes a révélé en termes de rentabilité le trio suivant : tomate, oignon, igname dans la commune de Mbé, manioc, haricot, pomme de terre dans la commune de Belel, céréales (mais, mil, sorgho), légumineuses (arachide, soja) et maraichères dans la commune de Touboro. A titre d’illustration, sur un quart de culture, l’étude technique de la culture de tomate révèle que pour un investissement d’environ 613.000F l’on obtient plus de 1 millions de recettes avec une marge bénéficiaire de plus de 387.000 FCFA, l’igname pour la même superficie, pourrait nécessiter un investissement de 281.750F pour une production d’environ 600.000F avec un bénéfice brut de l’ordre de plus de 318.250 FCFA en moyenne. Au-delà des chiffres qui ont charmés les participants qui ne mesuraient pas encore la portée économique de ses secteurs d’activité, il faut noter la fréquence et le cycle de production très court des dites filières.

Une motivation boostée par les conseils aussi bien pertinents qu’interpellateurs des spécialistes, des sectoriels mobilisés pour les échanges, « Le jeune doit être endurant parce que la richesse ne se fait pas en un seul jour. Il faudrait que chacun s’assure qu’il a la motivation nécessaire voire la passion pour se lancer dans un métier. Pour le cas de l’agriculture la terre doit être disponible au préalable car c’est le premier capital. Enfin, les femmes et jeunes doivent se rapprocher des services techniques du MINJEC, MINADER, MINEPIA, MINPMEESA etc. pour mieux se faire accompagner afin d’éviter l’échec de leur projets » confie M. MBIANDOUBE Frédéric, CPA/Directeur de CEAC de Mbe.

Pour l’équipe du projet piloté par APROSPEN chef de fil du consortium (APROSPEN &CADEPI) dans la région de l’Adamoua, les femmes et jeunes ont pu apprécier le potentiel des métiers dans les communes de Belel, Mbé et Touboro au cours desdits fora d’échanges. L’expertise des sectoriels impliqués dans le processus, a facilité le partage d’expériences autour des enjeux et opportunités qu’offrent les différents secteurs d’activités par commune. « Le présent projet financé par l’Union européenne entend impulser une dynamique d’accompagnement des communes partenaires pour renforcer l’entreprenariat et les aptitudes professionnelles des jeunes et des femmes.  Cet accompagnement qui vise à faire des jeunes et femmes des agents de développement et de changement, nécessite au préalable une bonne structuration et une insertion socio-économique réussie au-delà de la volonté des bénéficiaires ».